Bénéfice du doute

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La théorie du genre à l’école : entre rumeur et idéologie

J’avais déjà écrit trois articles relatifs à cette théorie du genre en octobre 2013 ; consécutivement au questionnaire « Beyond the Box » (ce qui me rappelle que je dois contacter l’université d’Antwerpen pour lui en demander un extrait). Ce test m’avait vraiment bien fait rire, ne serait-ce en raison de ses gros sabots. http://www.beyondthebox.be/websitefr2.htm

Mais avec la théorie du genre à l’école, on quitte les volontés auto-déterminantes des « adultes » (entre guillemets, car leurs revendications sont typiquement celles d’enfants-rois) LGBT selon qui on peut décider d’être un homme ou une femme en prenant de la distance face aux oppressantes représentations hétérosexuelles que la famille inculque par défaut. Désormais, le but est de promouvoir un individualisme forcené dès la maternelle, voire même la crèche, à travers des histoires veillant à angoisser l’enfant et  à bloquer ses processus identificatoires… en effet ! Qu’il est horrible qu’un petit garçon s’identifie à son papa et veule être garagiste ! Quel drame de voir cette petite fille vouloir devenir secrétaire comme sa maman ! Quelle reproduction ! Il faut mettre un terme à ce déterminisme sociologique (après avoir éliminé la biologie, on va tirer à boulets rouges sur les interactions), crier au loup face au collectivisme et le joug que représente la famille hétérosexuelle, et délirer à la suite de l’existentialisme de Sartre (« L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait »).

Et donc, oui je suis inquiète de voir ces livres (quand bien même ceux-ci ne seraient pas à proprement parler utilisés pédagogiquement) :

  • papa porte une robe : idéal pour remettre en question l’autorité symbolique parternelle qui est déjà pour ainsi dire annihilée depuis l’amorçage de 1789. Non pas que porter une robe, telle qu’une femme le ferait, ça ne fait pas sérieux, mais disons que si un homme se prend pour une femme, par définition, il ne fait pas sérieux car il rentre dans la catégorie des « sans phallus » et donc des passifs (c’est pas moi qui le dis, c’est Freud, et il n’a pas tort du tout… et je ne crie d’ailleurs pas au scandale). D’ailleurs, les psychosociologues sont d’accord pour dire que la virilité se construit sur base de procédés de honte où le garçon qui ne se conforme pas à l’idéal masculin subit la honte d’être vu comme une femme (« faut pas pleurer comme une fillette! ») ça veut donc dire qu’un homme qui se prend pour une femme, c’est toujours nettement moins acceptable qu’une femme se prenant pour un homme ; ce qui permet de comprendre pourquoi l’homosexualité masculine a toujours beaucoup + été détestée que l’homosexualité féminine… de sorte que l’on peut dire que, pour un individu masculin, le problème n’est pas qu’une femme se comporte comme un homme, mais bien davantage qu’un homme se comporte comme une femme. Et pour en revenir au papa en question, je me permets d’ajouter que si un père est suffisamment irresponsable que pour confronter son enfant à ses soucis d’identité sexuelle, c’est qu’il est sérieusement atteint.
  • où une petite fille fait des chatouilles à son chat puis à ton petit frère (elle se frotte dessus, en d’autres termes, elle se masturbe sur son frère)… autant, je ne suis pas du genre à nier que les enfants ont une sexualité (au sens de pulsions, de fantasmes, sans que cette sexualité implique pour le moment une maturité psychique nécessaire à l’effectivité de celle-ci, tout comme ils ne sont d’ailleurs pas prêts à envisager la génitalité), mais je ne suis pas non plus de ceux qui favoriseront les incestes et agressions sexuelles. Et c’est là qu’on touche le fond, parce qu’on nous parle souvent de maltraitances infantiles, de viols, et de toutes ces choses qui émeuvent les bien-pensants, mais on encourage les enfants à avoir des gestes qui ne respectent pas l’intimité de l’Autre. Est-ce que l’enfant de 7ans qui touchent les organes génitaux d’un autre enfant de 4ans est un agresseur sexuel ? Non, mais c’est quand même considéré comme un comportement sexuellement problématique qui demandent une intervention psychosociale. Sans oublier que l’autre enfant qui se fait tripoter (quand bien même il a le droit de décider de son euthanasie en Belgique, sic), je ne suis pas certaine qu’il est bien conscient de ce qu’on lui fait subir ; tout comme il faut avoir à l’esprit que beaucoup de personnes ont, lorsqu’elles étaient enfants, subi des comportements sexuellement déplacés d’autres enfants.
  • « Lisa und Jan » se tripotent avec de super images de parties génitales d’enfant à l’appui. De quoi faire plaisir aux pédophiles. Un peu comme ce Theo Sandfort, un chercheur américain lié de près à la revue Paidika (Journal of Paedophilia http://en.boywiki.org/wiki/Paidika:_The_Journal_of_Paedophilia ) qui promeut scientifiquement les relations homme-garçon. Hélas, on le critique sur le plan méthodologique, mais pas sur le plan moral http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2086636… ah mais c’est vrai, la science n’a pas à être morale, sic). Mais heureusement, on a Judith Reisman (bien qu’elle puisse paraître homophobe) qui passe son temps à dénoncer la perversion de Kinsey. Et pour regarder les choses en mode local, il y a la gauche française de mai68 qui voulait de la libération sexuelle aille jusqu’au lit des enfants : http://24heuresactu.com/2013/01/02/quand-libe-le-monde-et-la-goche-morale-defendaient-la-pedophilie/

Enfin, j’aimerais que la droite soit cohérente en la matière. Qu’elle s’allie aux Musulmans pour manifester contre cette théorie du genre, je trouve ça logique si l’on partage les mêmes valeurs de famille. Mais il ne faut pas les instrumentaliser (un peu comme Barjot a fait avec la Manif Pour Tous, et que je n’ai vraiment pas trouvé respectueux). De même, il s’agit de ne pas tomber dans le piège que pourrait nous tendre la gauche (cette gauche qui encense les Musulmans, mais qui ne voit pas leur antisémitisme lié au conflit israélo-palestinien, ni leur homophobie théologiquement argumentée). Ainsi, il faut, pourquoi pas, s’associer avec eux pour dénoncer le gender (qui, quoiqu’en dise NVB est bien présent ; on dit même qu’elle a impliqué les partenaires sociaux dans la chose http://valeursactuelles.com/politique/exclusif.-document-confidentiel-qui-accable-belkacem), mais il ne faut pas prendre le risque de dire (ou d’être associés, par amalgame), comme certains d’entre eux, que les homosexuels sont des pervers ou des grands malades. Cela ne ferait que salir la droite (alors que les Musulmans bénéficieraient d’une oreille sélective gouvernementale soudainement sourde) et ruiner le débat.

Ainsi, globalement, je pense que les trois grands monothéismes devraient ici faire valoir leur conception de la famille et claquer le bec de la Laïcité ambiante qui n’est qu’un artefact, un bricolage, improvisé par ceux qui, ayant tué Dieu, se retrouvent obligés d’inventer un « brol » pour avoir un sens dans le vie… et leur slogan, c’est d’emmerder les croyants, surtout les « cathos facho ».

Beyond the box & théorie du genre PART ONE

J’allais conserver cette expérience, et mes réactions, dans ma tête, ou dans un fichier « best of ». Mais le questionnaire « beyond the box », relatif à la théorie des genres vaut tellement le détour que je ne peux me résoudre à ne pas la partager. Initialement, j’ai eu droit à l’introduction d’un reportage lors du JT : « (…) étiqueter les hommes ou les femmes en fonction de leur genre ou de leur orientation sexuelle (…) ». Face à ce genre de phrase, ma tension artérielle s’élève dangereusement. En quoi identifier un homme comme homme, et une femme comme femme, est-ce un problème ? Problème tel que le recours au terme « étiquetage » (avec les théories goffmanniennes qui s’en suivent) signale directement un grave problème sociologique ! De même, où est le lien entre le fait d’être un homme ou une femme (et le fait d’identifier de la sorte les personnes) et l’orientation sexuelle ? C’est à croire que, tout comme il est interdit de dire de quelqu’un qu’il est homo (parce qu’on le « stigmatise » par ses préférences sexuelles… et je ne vois pas en quoi il y aurait d’ailleurs stigmatisation… et je vois encore moins en quoi quand on voit la « pride » de beaucoup d’entre eux de sorte que vous en viendriez à avoir honte d’être hétéro), on va bientôt devoir se taire quand il s’agit d’identifier quelqu’un comme un homme ou une femme (c’est un gros mot évident !).

Ainsi, j’avais l’eau à la bouche… ou la salive du chien enragé à mes crocs, au choix ! Et j’ai donc décidé, par curiosité bien mal placée, de faire le questionnaire en question. Je vous propose ici un palmarès des questions, ou des définitions…

  • Question démographique : « à la naissance vous avez été enregistré en tant que… » / « comment vous identifiez-vous actuellement? »
  • Définition du « transgenre » : « Dans ce questionnaire, par transgenre, on entend une personne chez qui le sentiment d’être un homme et/ou une femme ne correspond pas ou pas entièrement au sexe assigné à la naissance, et/ou chez qui l’expression de genre diverge des caractéristiques sociales et culturelles du sexe assigné à la naissance. Cela englobe donc tant les travestis que les transsexuel(le)s et ceux avec un genre fluide »
  • Exemples de propositions version authoritarian personality : Certaines personnes sont plus méritantes que d’autres / Il est important que nous traitions les autres pays d’égal à égal / Dans un monde idéal, toutes les nations seraient égales.
  • Exemples de propositions liées au sexisme : Les femmes devraient être choyées et protégées par les hommes / Lors d’une catastrophe, les femmes ne doivent pas nécessairement être secourues avant les hommes / Les femmes, comparées aux hommes, ont généralement une sensibilité morale supérieure / Les féministes ne cherchent pas à ce que les femmes aient plus de pouvoir que les hommes / Les hommes sont plus aptes à diriger que les femmes / Les femmes sont plus aptes à prendre soin des autres que les hommes / Le parcours scolaire devrait être adapté aux besoins des garçons.
  • Exemples de propositions relatives à la bisexualité : Les hommes bisexuels répandent le SIDA aux hétérosexuels / Les bisexuels sont des gens confus quant à leur sexualité / Si un(e) ami(e)/une connaissance (du même sexe que moi) me dit qu’il/elle est homosexuel/lesbienne/bi, j’aurais peur qu’il/elle ait des sentiments pour moi / Il m’arrive d’utiliser des termes liés à l’homosexualité pour exprimer quelque chose de négatif (ex. ‘quel pédé’, ‘c’est un truc de tapettes’, …) / Les enfants devraient apprendre dès la maternelle que c’est normal d’être lesbigay.
  • Exemples de propositions concernant les transgenres : Lorsque je rencontre une personne, je trouve important de savoir si c’est un homme ou une femme / Les enfants devraient avoir des cours sur les personnes transgenres dès la maternelle / La stérilisation (stérilité irréversible) ne devrait plus être une condition pour un changement de sexe.

 

Je vous laisse réfléchir là-dessus… et demain, je vous proposerai mes réflexions. Mais je vous promets d’ores et déjà un brin de dérision.

La théorie du genre remplace l’empirie…

Après le Mariage pour Tous qui a apporté son lot de confiscation de débats (en traitant tous les opposants d’homophobes… et ce, par des individus qui ont toujours la petite touche moralisante du « il ne faut pas faire d’amalgames »), nous voilà à une éducation tardive des magistrats qui vont devoir apprendre ce qu’est la théorie du genre. Mais quel est le but ??? à part endoctriner une certaine clique… et encore, je ne comprends pas bien le but de cet endoctrinement.

En effet, est-ce que cette théorie du genre va aider en quoi que ce soit les magistrats (et, au sens large, la police) à sévir vis-à-vis des crimes homophobes ? Je ne le pense pas. Or, s’il y a bien une chose dont les homosexuels ont besoin, c’est de se sentir en sécurité lorsqu’ils se promènent en rue. Se marier, ça n’a jamais empêché quelqu’un d’être tabassé, voire même massacré ; par contre, une véritable application des lois, ça peut dissuader certains haineux et donner aux victimes le sentiment que la Justice a un minimum rectifié le tir. Parce que, cette fameuse théorie du genre, je rigolerais bien de la voir paisiblement appliquée aux excités qui pratiquent le viol correctif sur les lesbiennes en Afrique du Sud, hein !

Et bon, cette théorie des genres… mais quelle blague ! quel déni ! Oser croire que l’on choisit d’être un homme ou une femme, comme si on s’auto-engendrait, dans une toute-puissance infantile de l’enfant qui crée ses parents (qui tombe donc douloureusement de son trône quand il comprend que l’amour de ses parents l’a précédé, et qu’il n’en est qu’une conséquence) : quelle post-modernité ! Et puis, les gens n’aiment plus devoir faire des choix qui impliqueraient un deuil… alors qu’être sexué nécessite justement d’accepter le fait qu’on ne sera jamais qu’un homme OU qu’une femme ! Le sexe exige une « coupure » au sens étymologique du terme, coupure que certains ne peuvent pas assumer. Ce phénomène est encore un exemple de crise de l’autorité, car la biologie est une autorité : elle décide de certaines choses pour vous, et c’est à vous de faire avec ces choses… sans essayer de vous inventer un scénario selon lequel ces choses, c’est vous qui en avez décidé. Un peu comme si les personnes noires de peau venaient nous dire qu’elles ont choisi d’être noires : vaste blague. En fait, on pourrait vraiment faire un parallélisme avec les thèses développementales de Piaget qui distingue l’assimilation (où on modifie la perception du monde extérieur pour que ce que l’on perçoit s’accorde à notre réalité interne) et l’accommodation (où on modifie nos schémas internes pour qu’ils correspondent aux exigences du monde extérieur)… avec cette théorie des genres, on est dans l’assimilation, voire même plus loin, car on exige des autres qu’ils pensent de la même manière. Enfin, rappeler la théorie des genres dans un contexte de revendications homosexuelles, c’est confondre le sexe et la sexualité, mais bon !… sans oublier, qu’en bonus, certains viennent nous dire qu’être homosexuel, ce n’est pas un choix (et en soi, franchement, on s’en fout de savoir si l’homo ou l’hétérosexualité est un choix ou pas)… alors donc, on choisit d’être homme ou femme, mais on ne choisit pas d’être homo ou hétéro? Il faudrait savoir.

Cependant, il est clair qu’on peut, d’une certaine manière, décider de faire ce que l’on veut avec sa condition d’homme ou de femme, là n’est pas le problème (quoique ! , car certains hommes n’hésitent plus à se plaindre de ne pas pouvoir être nourrices… mais disons que chaque homme et chaque femme peut décider de l’intensité de l’expression de sa féminité et/ou masculinité). De même que l’on peut tous décider de ce que l’on fera de notre « donné » biologique au sens large (c’est pas parce que la nature m’a fait petit et moche que je dois m’enfermer dans un honteux mutisme, etc…). Aussi, il est certain que la société, la culture influence l’élaboration de notre féminité/masculinité, mais il ne faut pas oublier que cette culture est toujours réceptionnée par une psyché qui s’est construite dans un corps.

Mais décider de ce qu’on va faire de ce qui nous a été donné/imposé, c’est très différent de « croire qu’on a décidé de ce qui, au final, n’est plus imposé, mais choisi »! Or la véritable liberté de l’Homme, c’est celle-là, c’est pouvoir construire sur ce qu’on a pas choisi (car, n’en déplaise aux adeptes de la toute-puissance, l’Homme a à se forger sur l’hétéronomie), c’est pouvoir créer : le sculpteur n’est pas libre parce qu’il choisit l’argile, il est libre parce qu’il a la possibilité de faire différentes choses avec cette matière que son mécène lui a fourni.

http://www.causeur.fr/justice-discriminations-taubira,22812

http://www.rtbf.be/info/regions/detail_pas-facile-d-afficher-son-homosexualite-dans-certains-quartiers-de-bruxelles?id=7871119

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