Bénéfice du doute

Subir, jamais. Questionner, toujours.

Archives du tag “sexe”

Théorie du genre – PART TWO : l’identité fluide

Comme promis, je développe ! Ainsi, hier, vous avez pu découvrir des questions des plus originales : il faut avouer qu’il s’agit de vachement creuser pour pondre pareilles formules !

Prenons la première : « à la naissance vous avez été enregistré en tant que… » D’accord. Restons calmes. La tournure passive n’est pas ici choquante, sur le plan grammatical, car ce n’est certainement pas le nouveau né qui va déclarer sa venue ni son sexe. Mais, considérant le contexte idéologique du questionnaire, on ne peut qu’y soupçonner une forme d’imposition par un tiers manichéen, une violence à l’auto-déterminisme si cher aux individualistes d’aujourd’hui. Aussi, la formule « en tant que » me semble particulièrement problématique : en tant que quoi ? Chien, chat ?! (Je vous rappelle, en passant, qu’on est là à la première question de l’étude qui aurait pu se limiter à un « genre : H ou F »)

Et la seconde :  « comment vous identifiez-vous actuellement? » Question sexo-existentielle à trois balles. Ici, nettement, il s’agit d’une auto-identification (vous vous identifiez, c’est-à-dire vous-même sur vous-même), d’un auto-déterminisme. Mais ça se limite à de l’actuel, ce que je trouve un peu inquiétant sur les bords. « Lundi, mercredi, vendredi, je suis une femme ; mardi et jeudi un homme… et le weekend, on verra bien, on n’est pas pressé. » Encore des énergumènes qui ont lu Jung et compris n’importe quoi à l’anima et l’animus, tout comme on l’avait fait avec Freud. Que de peine !

Et en prime la définition du transgenre : « Dans ce questionnaire, par transgenre, on entend une personne chez qui le sentiment d’être un homme et/ou une femme ne correspond pas ou pas entièrement au sexe assigné à la naissance, et/ou chez qui l’expression de genre diverge des caractéristiques sociales et culturelles du sexe assigné à la naissance. Cela englobe donc tant les travestis que les transsexuel(le)s et ceux avec un genre fluide ». On retrouve ici encore la fluidité… et en prime, je me découvre transgenre (je ne vais pas me pendre, ce n’est pas un drame) car, il faut bien l’avouer, mes expressions de genre diverge des caractéristiques sociales et culturelles de ma féminité… Je ne savais pas qu’être un garçon manqué et avoir un caractère bien trempé chez une femme était un signe de transgenre. J’en apprends des choses ! C’est marrant comme ceux qui prône la tolérance, l’ouverture et le non-sexisme trouvent tellement bizarre une femme masculine qu’ils décident d’en faire une transgenre.

Ce que j’en retiens…Un sacré problème avec l’autorité et, en l’occurrence, l’autorité de la nature/biologie. Bien entendu, il est évident que l’androgynie est une réalité biologique incontestable, qui pose d’ailleurs un réel problème à la naissance : quel sexe déclarer, sachant qu’aucun sexe ne semble clairement établi morphologiquement ? Face à une telle situation, je ne peux que recommander la prudence et une possibilité d’intervention ultérieure afin de pouvoir changer le sexe déclaré. Car, oui, il faut déclarer un sexe ; tout comme il faut donner un prénom (et pas forcément mixte). Et déclarer un sexe, je le dis et redis, ce n’est pas enfermer un enfant dans un rôle, c’est l’introduire à une identité, des responsabilités et des interactions différentes : c’est fondamental de pouvoir clarifier le « qui tu es, mon enfant » si l’on veut un minimum calmer les angoisses infantiles qui sont nombreuses. Or, l’angoisse se calme par un cadre, par des limites, et le sexe fait partie de ces limites (« secatus » en latin, « coupé ») qui structurent la société (anthropologie structurelle et compagnie, bonjour). L’enfant vit, de prime abord, dans une stricte hétéronomie (« norme de l’autre »), et cela est dû à sa faiblesse originaire, et c’est justement cette faiblesse qui incitera l’environnement à prendre soin de l’enfant, notamment par des lois (car aimer, c’est aussi être capable d’imposer des règles) qui, une fois intériorisées, permettront l’avènement de l’autonomie (« norme de soi »).

Et dans notre société, on refuse l’hétéronomie infantile, de même que l’hétéronomie de la nature. On refuse l’idée que quelqu’un d’autre décide pour nous dans ces matières. Par contre, quand il s’agit de déresponsabiliser des délinquants ou d’être abrutis par la publicité et les normes esthétiques, là on accepte d’être dans la plus idiote des hétéronomies. Bientôt, on nous dira qu’on choisit d’être blond aux yeux bleus, qu’on choisit d’être noir, qu’on choisit d’avoir la trisomie21, etc…Et bien, non ! Ne vous déplaise, on ne choisit pas ces choses-là. Quant à la connerie, je doute également que ce soit quelque chose qui se choisisse. sic

Quant à la fluidité, c’est également un trait typiquement post-moderne. Les individus d’aujourd’hui, pour la plupart, éducation post68 oblige, n’ont plus de véritable colonne vertébrale sur le plan moral, idéologique ou comportemental. Parallèlement à cela, le monde est en constant changement, avec de la nouveauté en permanence, des besoins inventés ci et là, et un besoin de s’adapter vite, sans réfléchir ; et d’ailleurs, le manque d’intériorité des personnes d’aujourd’hui favorise ce monde, qui se sert également de ses personnes pour vendre ses gadgets. Et ces derniers ne servent qu’à nourrir, qu’à remplir un individu relativement vide : il essaie de s’investir narcissiquement en s’empiffrant d’objets qu’il veut absolument, mais qu’il n’a jamais appris à désirer, car il ne connaît pas le manque. En effet, on ne lui a imposé de cadre permettant de supporter le manque et de lui donner un sens. Or, le manque, c’est réfléchir, c’est se connaître, c’est reconnaître nos idéaux, notre colonne : mais on a plus le temps ! Donc, tout le monde se la joue fluide, ou liquide : on se fond dans le bazar. Et en prime, on a maintenant la fluidité sexuelle : on peut changer de sexe. Bientôt, on pourra aussi changer d’âge, de couleur,… Comme dans cet excellent film « Clones » avec Bruce Willis. On connaît le fait de changer de métier régulièrement, un phénomène assez surprenant et nouveaux en Europe (plus sédentaire que les Américains qui gardent une mentalité migratoire importante, notamment par la construction de leurs maisons en bois), mais que l’on comprend tout de même car ça fait partie de ce qui change, et que l’on peut choisir de maîtriser. Cependant, il y a des choses face auxquelles on doit faire preuve d’un minimum de modestie : on ne peut pas tout changer… L’orgueil de l’homme n’a plus vraiment d’ambition, il creuse sa propre tombe de Babel.

Publicités

La théorie du genre remplace l’empirie…

Après le Mariage pour Tous qui a apporté son lot de confiscation de débats (en traitant tous les opposants d’homophobes… et ce, par des individus qui ont toujours la petite touche moralisante du « il ne faut pas faire d’amalgames »), nous voilà à une éducation tardive des magistrats qui vont devoir apprendre ce qu’est la théorie du genre. Mais quel est le but ??? à part endoctriner une certaine clique… et encore, je ne comprends pas bien le but de cet endoctrinement.

En effet, est-ce que cette théorie du genre va aider en quoi que ce soit les magistrats (et, au sens large, la police) à sévir vis-à-vis des crimes homophobes ? Je ne le pense pas. Or, s’il y a bien une chose dont les homosexuels ont besoin, c’est de se sentir en sécurité lorsqu’ils se promènent en rue. Se marier, ça n’a jamais empêché quelqu’un d’être tabassé, voire même massacré ; par contre, une véritable application des lois, ça peut dissuader certains haineux et donner aux victimes le sentiment que la Justice a un minimum rectifié le tir. Parce que, cette fameuse théorie du genre, je rigolerais bien de la voir paisiblement appliquée aux excités qui pratiquent le viol correctif sur les lesbiennes en Afrique du Sud, hein !

Et bon, cette théorie des genres… mais quelle blague ! quel déni ! Oser croire que l’on choisit d’être un homme ou une femme, comme si on s’auto-engendrait, dans une toute-puissance infantile de l’enfant qui crée ses parents (qui tombe donc douloureusement de son trône quand il comprend que l’amour de ses parents l’a précédé, et qu’il n’en est qu’une conséquence) : quelle post-modernité ! Et puis, les gens n’aiment plus devoir faire des choix qui impliqueraient un deuil… alors qu’être sexué nécessite justement d’accepter le fait qu’on ne sera jamais qu’un homme OU qu’une femme ! Le sexe exige une « coupure » au sens étymologique du terme, coupure que certains ne peuvent pas assumer. Ce phénomène est encore un exemple de crise de l’autorité, car la biologie est une autorité : elle décide de certaines choses pour vous, et c’est à vous de faire avec ces choses… sans essayer de vous inventer un scénario selon lequel ces choses, c’est vous qui en avez décidé. Un peu comme si les personnes noires de peau venaient nous dire qu’elles ont choisi d’être noires : vaste blague. En fait, on pourrait vraiment faire un parallélisme avec les thèses développementales de Piaget qui distingue l’assimilation (où on modifie la perception du monde extérieur pour que ce que l’on perçoit s’accorde à notre réalité interne) et l’accommodation (où on modifie nos schémas internes pour qu’ils correspondent aux exigences du monde extérieur)… avec cette théorie des genres, on est dans l’assimilation, voire même plus loin, car on exige des autres qu’ils pensent de la même manière. Enfin, rappeler la théorie des genres dans un contexte de revendications homosexuelles, c’est confondre le sexe et la sexualité, mais bon !… sans oublier, qu’en bonus, certains viennent nous dire qu’être homosexuel, ce n’est pas un choix (et en soi, franchement, on s’en fout de savoir si l’homo ou l’hétérosexualité est un choix ou pas)… alors donc, on choisit d’être homme ou femme, mais on ne choisit pas d’être homo ou hétéro? Il faudrait savoir.

Cependant, il est clair qu’on peut, d’une certaine manière, décider de faire ce que l’on veut avec sa condition d’homme ou de femme, là n’est pas le problème (quoique ! , car certains hommes n’hésitent plus à se plaindre de ne pas pouvoir être nourrices… mais disons que chaque homme et chaque femme peut décider de l’intensité de l’expression de sa féminité et/ou masculinité). De même que l’on peut tous décider de ce que l’on fera de notre « donné » biologique au sens large (c’est pas parce que la nature m’a fait petit et moche que je dois m’enfermer dans un honteux mutisme, etc…). Aussi, il est certain que la société, la culture influence l’élaboration de notre féminité/masculinité, mais il ne faut pas oublier que cette culture est toujours réceptionnée par une psyché qui s’est construite dans un corps.

Mais décider de ce qu’on va faire de ce qui nous a été donné/imposé, c’est très différent de « croire qu’on a décidé de ce qui, au final, n’est plus imposé, mais choisi »! Or la véritable liberté de l’Homme, c’est celle-là, c’est pouvoir construire sur ce qu’on a pas choisi (car, n’en déplaise aux adeptes de la toute-puissance, l’Homme a à se forger sur l’hétéronomie), c’est pouvoir créer : le sculpteur n’est pas libre parce qu’il choisit l’argile, il est libre parce qu’il a la possibilité de faire différentes choses avec cette matière que son mécène lui a fourni.

http://www.causeur.fr/justice-discriminations-taubira,22812

http://www.rtbf.be/info/regions/detail_pas-facile-d-afficher-son-homosexualite-dans-certains-quartiers-de-bruxelles?id=7871119

Navigation des articles