Bénéfice du doute

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Municipales et remaniement : la fin du socialisme ?

Il était assez prévisible que les Municipales soient synonymes d’une claque monstrueuse pour la gauche. Quoique. Cela aurait pu être pire, notamment avec un vote massif pour les partis d’extrême gauche. Et quant aux votes pour le FN, pas de quoi s’exciter, pas de quoi en parler autant que les médias ont pu le faire. Certes, l’extrême droite a progressé, mais quand on sait le nombre de villes qui restent communistes depuis les années’50, les journalistes n’ont cherché qu’à faire mousser une pseudo-angoisse brune auprès de la population.

 

Ceci étant, que faire après cet échec (qu’il s’agisse de vote pro-UMP ou d’abstention) ? Pour les soviétiques, c’est le signe que le gouvernement n’est pas suffisamment allé à gauche (pourtant, on ne peut pas dire qu’il y ait eu un vote soudain pour le front de gauche). Pour la droite, c’est le signe qu’on rejette la gauche, et j’aurais tendance à dire qu’ils n’ont pas tort concernant ceux qui ont voté Hollande pour se débarrasser de Sarkozy (ils méritent bien un con, ceux-là!) et qui rejouent le même acte au niveau local vis-à-vis de Hollande. Mais je crois qu’une logique de balancier, de bipolarité ne suffit pas, bien que le bipartisme y invite. Intrinsèquement, le Français est un râleur professionnel, et le Français contemporain, en prime, change d’avis et d’idéologie dès qu’un petit quelque chose lui déplaît, ce qui m’incite à penser qu’il vote n’importe où, et ce, non pas par bipolarité, mais par pur volonté d’emmerder les politiciens. Et c’est pour cette raison que la politique devient à la fois de plus en plus et de moins en moins complexe : parce que les idées sont évacuées au profit d’un « ce que je veux pour moi, maintenant » et parce que l’on ne va plus se positionner que sur des caprices à court terme. Il ne faut donc pas s’étonner de l’importante abstention… qui est d’autant plus inquiétante qu’elle concerne surtout les jeunes électeurs.

 

Et puis, au niveau des personnages, il y a de quoi s’inquiéter. Hollande vient de remballer Ayrault comme il a remballé Trierweiler. Tout comme il avait déjà choisi Gayet, il avait déjà choisi Valls et disait à Ayrault qu’il allait le rappeler en faisant semblant de rien… heureusement qu’Ayrault a donc bénéficié des fuites orchestrées du côté de Valls, pour qu’il puisse aussi faire fuiter de son côté (je tiens ces infos du débat de ce matin sur Lci). En gros, si Hollande avait pu avoir deux 1er ministres en même temps, comme il a eu deux femmes en même temps, il l’aurait fait : histoire de ne brusquer personne, tout en manquant cruellement de respect et d’empathie.

 

Quant à la politique, on peut voir en Valls un bouclier intéressant pour protéger le président… mais il traîne tout de même de salles casseroles : LMPT, Antifa, Clément vs Estéban, Nantes, Antifas, l’Anna Gate, Dieudonné, etc au cours desquelles il était tout de même légitime de s’interroger sur les suites de la démocratie. Mais ce qu’Hollande semble avoir zappé, c’est que Valls pourrait très franchement lui voler la vedette, tout comme Valls va lui faire perdre les EELV (bon vent à Duflot, soit dit en passant) et la gauche de la gauche. Donc, ce n’est pas une solution si paisible. SAUF si Hollande, mollasson machiavélique, a prévu de griller Valls en 1ere ligne pour qu’il ne puisse pas se présenter aux prochaines présidentielles (surtout qu’il y a fort à parier que les prochaines élections seront à peu près toutes défavorables au gouvernement).

 

Au niveau des commentaire, quand Garrido parle de putsch démocratique à l’idée de l’arrivée de Valls, on voit bien que l’extrême gauche a encore tout compris à la démocratie (et ce sont les mêmes qui vont soutenir les Ukrainiens néo-nazis). Mais quand Mélenchon y voit le plus grand commun diviseur de la gauche, hormis l’absurdité mathématique, je trouve son propos très juste (ce qui m’arrange, ça va diviser les staliniens). Du côté de l’UMP, en effet, un changement de personne ne signifie pas un changement de politique, mais dire cela est tout de même assez creux. Puis, EELV qui ne dit rien si ce n’est des bribes de chantages. Et enfin, le FN n’a pas tort en parlant d’UMPS pour résumer Valls ; mais personnellement, c’est justement cela que j’appréciais chez lui, jusqu’à ce qu’il la joue au petit excité avec la LMPT & Co. En effet, jusqu’alors, j’aimais beaucoup le fond comme la forme de ses propos, tout comme je me méfiais aussi de sa position « cul entre deux chaises », ce qui peut le rendre fragile et donc hypocrite… mais disons qu’il m’apparaissait compétent, intelligent et prometteur.

 

Désormais, je suis un peu plus réservée, je ne sais plus si je dois l’apprécier ou pas. Car, de ce qu’il dit, il est plaisant, mais l’ordre sous Valls m’est apparu particulièrement problématique (ce qui a d’ailleurs aussi fragilisé l’image de la police et la symbolique de l’autorité policière et ce, pas seulement de façon stéréotype dans les banlieues, mais aussi auprès des bourgeois catho). Donc, au final, je suis sceptique, surtout que je l’ai en travers de la gorge quand je pense à quel point on a traité Sarkozy de nazi en raison de sa fermeté (qui n’a jamais dérapé) et à quel point on doit considérer sans méfiance Valls sous prétexte qu’il est socialiste.

 

Enfin, la sociale démocratie (d’ailleurs, on attend toujours le contenu du pacte de responsabilité qui a été lexicalement pondu il y a 3mois) qui caractérise Valls et le nouveau Hollande, c’est peut-être la fin d’un socialisme qui ne comprend pas les besoins économiques et sociétaux d’aujourd’hui, quand bien même ceux-ci peuvent être satisfaits en faisant preuve de solidarité (mais il n’y a pas que les socialistes pures qui peuvent être solidaires!!!). Et j’y vois une intelligente synthèse… tout en étant un peu dubitative : pourquoi se sent-on obligé d’ajouter le mot « démocratie » ? Car souvent, ça sent l’entourloupe (cfr la RDA).

La France est-elle raciste ?

Nom d’une pipe ! Hier, je me dis que regarder « Ce soir ou Jamais » en vaut la peine, et j’opte pour le dernière en date relative aux propos insultants dont a été victime Taubira. Alors, je me limiterai à reprendre les propos qui m’ont fait bondir ou interpelée (histoire de me calmer, et de recourir à une sublimation civilisatrice, sic) :

  •  » (…) Le racisme à l’égard des Musulmans (…) «  : Puis-je me permettre de rappeler que les Musulmans n’appartiennent pas à une race, de même concernant les Juifs, les Chrétiens, les Bouddhistes, etc…
  • « Quand on a le sentiment d’être discriminé, c’est qu’il se passe quelque chose (…) les gens ne sont pas paranoïaques » : c’est quand même marrant que lorsqu’il s’agit d’un sentiment d’insécurité, là on est dans l’invention. Et puis, sincèrement, ça commence à me pomper ces positions victimaires de discriminés/persécutés qui s’imaginent que seuls les Noirs et les Arabes sont discriminés : franchement, ils peuvent arrêter de se sentir seuls, moi aussi je suis discriminée quand on voit ma tronche aux entretiens auxquels je vais, simplement parce je n’ai pas la gueule de l’emploi.
  • « pas d’équivalent de macaque (…) c’est quoi l’équivalent pour animaliser les blancs » : Il est vrai que les Blancs ne subissent pas d’insultes animalisées comme les Noirs  peuvent en souffrir sur des bases bio-racialistes issues de certaines théories évolutionnistes de type ethnocentriques. Et personnellement, j’ai déjà été salement insultée (au sens où ce n’était pas une blague parce que « je faisais le singe ») en étant traitée de gorille, et ce, sans même être noire ; et il est vrai que ce n’est pas une insulte agréable à entendre (quand bien même j’adore ces primates devant lesquels je passe des heures lorsque je vais au zoo).
  • « du racisme à la politique migratoire » ou « de la (affaire de la) guenon à Valls » : Confusion totale.
  •  « libération de la parole raciste » : qui est due au point précédent ! à force d’être traités de raciste pour tout et pour rien, les mots perdent de leur sens et de leur poids, tant et si bien que « vu qu’on est déjà traités de racistes parce qu’on veut une immigration mieux régulée, beh voilà,  je suis raciste, donc j’y vais à fond, je sors mes bananes !  » C’est ce qui s’appelle une prophétie auto-réalisatrice en sociologie : à force de traiter les individus de racistes, certains le deviennent, ou à tout le moins, ils se comporteront avec moins de retenue en ce sens. Et de la même façon, dire d’un enfant qu’il est bête et méchant, ou dire qu’un arabe que c’est un voleur, c’est le risque de le stigmatiser et de l’enfermer dans une image qui n’est pas sienne, mais à laquelle il sera tenté de s’identifier : l’Homme existe par la regard de l’Autre et par ce à quoi l’Autre l’assigne.
  • « colonisation (…) payer l’addition (…) n’ayez pas peur de ce qui va de toute façon arriver (c’est-à-dire, devenir une minorité chez vous) » : Bordel ! Là, Leonara Miano vient de donner 10.000 voies au FN ! Une championne ! De même, lorsqu’elle parle de vengeance. Elle vient de faire passer les immigrés comme des gens qui veulent se venger et détruire notre civilisation judéo-chrétienne, version boomerang colonial. Par de tels propos, elles alimentent des fantasmes à connotations paranoïaques. Selon moi, c’est ce genre de phrase qui est de l’incitation à la haine raciale.
  • « aider l’autre à s’intégrer, c’est du paternalisme » (Bruno Gaccio) : Oui, et donc, on laisse les gens venir sans les aider à comprendre les règles du jeu? j’imagine déjà le bordel, d’autant mieux que c’est un peu le cas ! Et c’est d’ailleurs parce qu’on n’a pas pris le temps, en voulant accueillir tout le monde, qu’on se retrouve avec des personnes immigrées qui sont complètement marginalisées. Si on ne prend pas conscience des difficultés que vivent ces personnes, et si on n’a pas l’empathie suffisante (ou le bon sens) pour se rendre compte que ces personnes viennent de quitter leurs repères et qu’ils en souffrent, et qu’il faut leur expliquer le fonctionnement de notre système, alors on fait peut-être du non-paternalisme, mais on fait surtout de l’abandon.
  • « raciste // débile au sens médical du terme » (Thomas VDB) : la pathologisation de l’ennemi, quelque chose de très productif qui fait avancer le débat et qui ne radicalise pas l’ennemi dans sa position ! ! ! ironie !
  • « contrôle au facies » : il est également temps que les hommes s’insurgent du fait qu’ils sont davantage contrôlés que les femmes.
  • « propos politiques racistes qui ont incité des gens des quartiers Nord de Marseille à incendier un camp de Roms » : dois-je vraiment commenter cela ?!
  • « antimétisme » (Elisabeth Lévy)… réponse de Rokhaya Diallo « vous avez des chiffres? » : beh on a l’affaire Merah, c’est du lourd quand même, non ?! et l’émigration massive des Juifs de France qui partent pour Israël en raison d’agressions qu’ils vivent, c’est une hallu ? http://www.lepoint.fr/societe/hausse-de-l-immigration-juive-de-france-vers-israel-17-07-2013-1705761_23.php

Enfin, deux petites réflexions : la France est-elle raciste ? je ne pense pas qu’elle le soit plus qu’un autre pays en tout cas, surtout qu’on a quand même la chance d’avoir un racisme surtout « verbal » et non pas à la russe qui finit à la morgue. Et quant à parler de racisme, je trouve intéressant de rappeler que le racisme, tel qu’on l’entend, existe depuis les Lumières (Voltaire en primeur) ; mais que d’autres comportements de ce type ont eu lieu bien avant, ce qui fait dire à beaucoup de spécialistes qu’il est anachronique de parler de racisme pour ces temps-là. Chez les Grecs, ceux qui n’étaient pas de la Cité étaient des barbares (et pas question de « nationalisation » ou d’affranchissement de l’esclave : on est un barbare et on le reste) ; chez les Romains, les Noirs avec lesquels on commerçait n’était pas jugé sur leur couleur de peau, tel que le relate certains historiens et philologues, par contre, être un Gaulois était synonyme de non-civilisation. Mais il est clair que, comme tout groupe, toute communauté, il y a « ceux qui en font partie » et les « autres » ; il y a le in-group et le out-group : et les difficiles relations inter-groups. Ce n’est pas du racisme, c’est un repère de survie pour l’accès aux ressources et à la protection : c’est mon groupe qui me nourrit et me protège. Ainsi, je pense profondément que la France, actuellement, se pose davantage des questions culturelles que des questions liées à la race d’appartenance.

L’insulte (« une banane pour la guenon ») avait-elle une véritable intention raciste ? C’est une question que l’on n’ose pas poser, mais qui mérite quelques mots. Bien que le propos soit raciste, il peut également souligner autre chose, à savoir une on-ne-peut-plus-bête défiance vis-à-vis de l’autorité. Plusieurs chercheurs américains ont ainsi noté que beaucoup de propos racistes tenus par des jeunes étaient en fait leur seule façon de se faire remarquer et de faire leur petite rébellion adolescentaire. Cela n’empêche pas que l’insulte soit blessante, mais on ne peut pas mettre de côté la connerie des gens, qui prend souvent le pas sur la méchanceté que l’on voudrait leur attribuer.

Voilà, sur ce… ma tension artérielle a été utilisée de façon constructive, je m’en vais scruter les infos sur lci !

Prostitution : la grande hypocrisie

Impossible de passer à côté de ce sujet ! Pas seulement parce que Causeur en parle, mais parce qu’il nous confronte encore une fois à un déni de la réalité (à savoir ces femmes qui ont choisi de s’adonner à la prostitution, quand bien même il y a celles qui n’ont pas choisi) et à une question psycho-anthropologique passionnante.

Concernant le déni, les féministes et les abolitionnistes semblent, en fait, être animés d’une profonde pitié pour les femmes (pitié qui est loin d’être un synonyme d’égalité ou de respect) qu’ils s’amusent à infantiliser car la « femelle qui se prostitue » est forcément issue d’une force sociale horrible qui l’a poussée à aller dans la rue faire des pipes. J’aimerais ici rappeler qu’on est en pleine séance de déresponsabilisation qui fait encore une fois la part belle au déterminisme social (j’attends donc le débat sur le gène de la prostitution 😀 ) ; mais il est tout de même étrange qu’on ne s’offusque que de certains déterminismes sociaux… car quand on vit dans une famille d’avocats ou de médecins, on est également quelques peu obligés de donner raison à Bourdieu et à sa reproduction sociale (mais bon, ce sont de méchants bourgeois, ça leur apprendra!)… n’essayer pas de dire à vos parents juges à la cour de cassation que vous voulez être maçon, la porcelaine risque de voler.

D’ailleurs, en termes d’environnement (plutôt que déterminisme, car je n’utilise ce terme qu’à des fins de moqueries), le témoignage de cette ancienne prostituée lors de l’émission Complément d’Enquête (face à un journaliste franchement énervant) était assez révélateur : elle a eu le sentiment, une fois sa première fois accomplie en tant que prostituée, qu’elle avait fait ça toute sa vie. En effet, elle avait, notamment, connu des abus sexuels. Et c’est là toute la complexité du métier de prostituée, comme de tous les métiers d’ailleurs : ça vient d’une envie, d’une expérience, ou d’un traumatisme, bien plus que d’une formation. Dès lors, plutôt que d’emmerder les putes (parce qu’en pénalisant le client, on emmerde indubitablement la pute), on ferait mieux de véritablement s’intéresser aux histoires de vie qui fragilisent les gens. Car, je ne dirai que rarement le contraire, la prostituée est souvent une femme dont le passé a été affectivement trouble (même si c’est le lot de beaucoup de personnes). De même, si on ne veut plus que des étudiants face des études sans avenir (archéologie, philosophie, anthropologie), il faut vite se dépêcher de mettre le feu aux musées, aux bibliothèques et d’interdire l’émission « bienvenue en terre inconnue » qui doit sûrement susciter quelques vocations !

Et puis, ces féministes nous ont emmerdé dans les années’60 avec leur droit à l’avortement (c’est + fun d’ailleurs de rappeler le combat pour l’avortement que celui pour la pilule…sic), la liberté du corps avec lequel elles font ce qu’elles veulent ; mais ça s’arrête là ! En effet, être libre de proposer son corps en échange de quelques billets, c’est trop ! C’est rabaissant ! Je soupçonne déjà une interdiction de certaines pratiques sexuelles un peu trop salissante pour la femme : finis la sodomie et le doggy-style ! Et c’est là que l’hypocrisie est la plus totale, et d’autant plus surprenante : les féministes refusent de voir en toute relation affective ou sexuelle un indubitable rapport de force (alors qu’elles ont l’habitude post-communiste de voir du complot partout)… rapport de force qui n’attend pas l’argent pour advenir. Une prostituée de Suède le soulignait d’ailleurs très justement (et oui, désormais, je me fais même voler mes analyses par des putes scandinaves!) : quand un homme paye du champagne et un resto à une gonzesse, c’est une façon pour lui de payer son autorisation à coucher avec elle dans la soirée (le date rape est d’ailleurs très fréquent). Ce n’est pas plus compliqué que ça ! C’est du donnant-donnant, un commerce on ne peut plus basique issu du troc préhistorique. Ainsi, j’ai beau ne pas être adepte des théories selon lesquelles les hommes abusent des femmes, tel un méchant patron abuserait de son ouvrier, je ne peux que constater ces rapports de force qui vont dans les deux sens ! Je vous invite ici à lire « Qui a peur de Virginia Wolf », et vous verrez ce qu’est un putain de rapport de force !

Finalement, ce qui me semble davantage primordial, c’est de mettre un terme au trafic d’êtres humains, plutôt que de faire des débats politiquement corrects où l’on infantilise la femme prostituée, un peu comme « le petit sauvage des montagnes du Congo » auquel on estimait devoir apprendre à lire et à écrire il y a cent cinquante ans. Laissons les gens vivre leur vie : elles ne font rien de mal (et elles font encore moins quelques chose de mal si elles rendent obligatoire le préservatif). Mais c’est vrai que s’attaquer aux organisations criminelles, c’est compliqué, et ça fait trop à droite, donc le gouvernement a préféré opter pour un truc humano-bobo aussi creux qu’un utérus. Sans oublier le fait que, comme le dit Zemmour, on ne va sanctionner que l’ouvrier qui va voir les putes, mais pas le grand patron, pas les grands hôtels parisiens où les escorts louent la moitié des chambres. Et last but nos least, on crie à l’homme violeur de femme (car oui, en Suède, le client est un déviant, un délinquant sexuel devant suivre une thérapie, pendant que la prostituée a droit à un suivi psychologique spécial victime!), mais on semble oublier que de plus en plus de femmes vont également voir des hommes qui se prostituent. Ah mais, suis-je bête ! Elles leur apportent de l’amour, telle une mère ! … incestueuse.

Théorie du genre – PART THREE – Le sexisme

On retrouve, une fois de plus, les méchants stéréotypes misogynes selon lesquels, quand le bateau coule, il faut sauver les femmes en premier : taratata, désormais elles couleront comme tout le monde ! Quant au fait que les femmes soient cajolées, c’est foncièrement rabaissant : raison de plus pour leur foutre des claques à ces salopes. Puis, il y a les stéréotypes qui, en plus d’exprimer comme tout stéréotype une certaine vérité (c’est même pas moi qui le dis, mais les psychologues experts en psycho-sociale), sont corroborés par la recherche scientifique, notamment la neuro ou l’endocrinologie. Car oui, les femmes sont davantage morales que les hommes, et ce, car elles sont davantage sensibles et altruistes (éléments retrouvés dès la prime enfance) de sorte qu’aux tests évaluant les capacités empathiques, les femmes scorent toujours plus haut. De même, les hommes font de meilleures leaders et ils peuvent remercier la testostérone (que les femmes faisant de la politique ou ayant des fonctions de leader peuvent d’ailleurs également remercier ! ) : « Maggie, say thank you to the ‘very male Inside of you ».

Et ce qui est marrant, ou plutôt choquant, c’est que ces stéréotypes devraient avoir pour conséquence un clic dans la bulle « je suis tout à fait d’accord »… mais si vous procédez de la sorte, cela vous fera passer pour un méchant misogyne nazi ou pour une idiote de gonzesse musulmane. Pourtant, s’il s’agit de choisir, je préfère ne pas me laisser à aller à la bien-pensance. Car, comme je l’ai déjà expliqué ici, plutôt que d’emmerder les hommes, de les castrer et de monter sur leurs têtes pour les faire couler (en se montrant violentes comme un homme peut l’être), les femmes auraient mieux fait de valoriser les qualités féminines et les sciences humaines qui vont avec. Mais non, elles ont préféré faire les chieuses, faire des études comme les mecs, et les mépriser pour diverses raisons.

Et cela me fait penser au dernier débat relatif à la circoncision. Beaucoup s’offusque, mais j’ai, pour une fois, trouvé une sociologue (Nacira Guénif-Souilamas) avec laquelle je suis d’accord lors de l’émission « ce soir ou jamais ». Elle était brillante de clarté quand elle traitait de la différence des sexes, de la marque du sexué, chose que l’on accepte de moins en moins eu Europe sous couvert de liberté. Car oui, en Europe, on veut tout niveler, rendre tout le monde semblable, nier les différences, rendre l’individu aussi abstrait qu’un texte juridique le ferait, et puis parler de tolérance… et nier la différence des sexes fait partie de ce délire collectif (parce que parler de tolérance quand tout le monde se ressemble, si c’est pas du délire, je sais pas ce que c’est ! ). Vous l’aurez donc compris, la circoncision ne me dérange pas (à condition qu’elle soit sanitairement encadrée et qu’elle advienne le plus tôt possible, car vers huit ans, ça doit être vachement traumatisant, faut l’avouer). Cela étant dit, on peut franchement douter que ce soit l’humanisme bobo qui guide les critiques lancées à l’égard de la circoncision, mais plutôt le souhait de nier les marqueurs de sexuation dont cette pratique fait partie.

Et j’aurais tendance à faire un rapprochement avec le port du voile : les féministes diront que ces femmes sont forcées (personnellement, je ne considère pas la femme comme une abrutie permanente, contrairement à ces excitées communistes, donc je peux tout à fait concevoir que certaines femmes souhaitent le porter en toute liberté… ce serait d’ailleurs sympa d’arrêter de dire que les gens sont forcés / influencés / malades etc quand ils font quelque chose qui nous déplaisient, ça devient vraiment lourd : ils peuvent tout simplement choisir et décider de faire quelque chose qu’on ne ferait pas, et ce, en leur âme et conscience ! ). Ainsi donc, quand certains disent qu’elles ne sont pas libres et sortent leur étendard de fémen, j’aurais plutôt tendance à y voir une volonté à long terme d’encore nier un autre marqueur de différenciation sexuelle. Bien entendu, on ne parle pas ici de la burqa qui soulève une question anthropologique de contact, de communication, et qui est inacceptable en Occident (car ils font ce qu’ils veulent chez eux, je ne suis pas pour le néocolonialisme moral) où le visage est un élément clef des interactions.

Vive la différence des sexes !

Interview de Nacira Guénif-Souilamas :  http://www.saphirnews.com/Nacira-Guenif-Souilamas-Feminisme-et-islam-ne-pas-confondre-religion-et-patriarcat_a11829.html

Théorie du genre – PART TWO : l’identité fluide

Comme promis, je développe ! Ainsi, hier, vous avez pu découvrir des questions des plus originales : il faut avouer qu’il s’agit de vachement creuser pour pondre pareilles formules !

Prenons la première : « à la naissance vous avez été enregistré en tant que… » D’accord. Restons calmes. La tournure passive n’est pas ici choquante, sur le plan grammatical, car ce n’est certainement pas le nouveau né qui va déclarer sa venue ni son sexe. Mais, considérant le contexte idéologique du questionnaire, on ne peut qu’y soupçonner une forme d’imposition par un tiers manichéen, une violence à l’auto-déterminisme si cher aux individualistes d’aujourd’hui. Aussi, la formule « en tant que » me semble particulièrement problématique : en tant que quoi ? Chien, chat ?! (Je vous rappelle, en passant, qu’on est là à la première question de l’étude qui aurait pu se limiter à un « genre : H ou F »)

Et la seconde :  « comment vous identifiez-vous actuellement? » Question sexo-existentielle à trois balles. Ici, nettement, il s’agit d’une auto-identification (vous vous identifiez, c’est-à-dire vous-même sur vous-même), d’un auto-déterminisme. Mais ça se limite à de l’actuel, ce que je trouve un peu inquiétant sur les bords. « Lundi, mercredi, vendredi, je suis une femme ; mardi et jeudi un homme… et le weekend, on verra bien, on n’est pas pressé. » Encore des énergumènes qui ont lu Jung et compris n’importe quoi à l’anima et l’animus, tout comme on l’avait fait avec Freud. Que de peine !

Et en prime la définition du transgenre : « Dans ce questionnaire, par transgenre, on entend une personne chez qui le sentiment d’être un homme et/ou une femme ne correspond pas ou pas entièrement au sexe assigné à la naissance, et/ou chez qui l’expression de genre diverge des caractéristiques sociales et culturelles du sexe assigné à la naissance. Cela englobe donc tant les travestis que les transsexuel(le)s et ceux avec un genre fluide ». On retrouve ici encore la fluidité… et en prime, je me découvre transgenre (je ne vais pas me pendre, ce n’est pas un drame) car, il faut bien l’avouer, mes expressions de genre diverge des caractéristiques sociales et culturelles de ma féminité… Je ne savais pas qu’être un garçon manqué et avoir un caractère bien trempé chez une femme était un signe de transgenre. J’en apprends des choses ! C’est marrant comme ceux qui prône la tolérance, l’ouverture et le non-sexisme trouvent tellement bizarre une femme masculine qu’ils décident d’en faire une transgenre.

Ce que j’en retiens…Un sacré problème avec l’autorité et, en l’occurrence, l’autorité de la nature/biologie. Bien entendu, il est évident que l’androgynie est une réalité biologique incontestable, qui pose d’ailleurs un réel problème à la naissance : quel sexe déclarer, sachant qu’aucun sexe ne semble clairement établi morphologiquement ? Face à une telle situation, je ne peux que recommander la prudence et une possibilité d’intervention ultérieure afin de pouvoir changer le sexe déclaré. Car, oui, il faut déclarer un sexe ; tout comme il faut donner un prénom (et pas forcément mixte). Et déclarer un sexe, je le dis et redis, ce n’est pas enfermer un enfant dans un rôle, c’est l’introduire à une identité, des responsabilités et des interactions différentes : c’est fondamental de pouvoir clarifier le « qui tu es, mon enfant » si l’on veut un minimum calmer les angoisses infantiles qui sont nombreuses. Or, l’angoisse se calme par un cadre, par des limites, et le sexe fait partie de ces limites (« secatus » en latin, « coupé ») qui structurent la société (anthropologie structurelle et compagnie, bonjour). L’enfant vit, de prime abord, dans une stricte hétéronomie (« norme de l’autre »), et cela est dû à sa faiblesse originaire, et c’est justement cette faiblesse qui incitera l’environnement à prendre soin de l’enfant, notamment par des lois (car aimer, c’est aussi être capable d’imposer des règles) qui, une fois intériorisées, permettront l’avènement de l’autonomie (« norme de soi »).

Et dans notre société, on refuse l’hétéronomie infantile, de même que l’hétéronomie de la nature. On refuse l’idée que quelqu’un d’autre décide pour nous dans ces matières. Par contre, quand il s’agit de déresponsabiliser des délinquants ou d’être abrutis par la publicité et les normes esthétiques, là on accepte d’être dans la plus idiote des hétéronomies. Bientôt, on nous dira qu’on choisit d’être blond aux yeux bleus, qu’on choisit d’être noir, qu’on choisit d’avoir la trisomie21, etc…Et bien, non ! Ne vous déplaise, on ne choisit pas ces choses-là. Quant à la connerie, je doute également que ce soit quelque chose qui se choisisse. sic

Quant à la fluidité, c’est également un trait typiquement post-moderne. Les individus d’aujourd’hui, pour la plupart, éducation post68 oblige, n’ont plus de véritable colonne vertébrale sur le plan moral, idéologique ou comportemental. Parallèlement à cela, le monde est en constant changement, avec de la nouveauté en permanence, des besoins inventés ci et là, et un besoin de s’adapter vite, sans réfléchir ; et d’ailleurs, le manque d’intériorité des personnes d’aujourd’hui favorise ce monde, qui se sert également de ses personnes pour vendre ses gadgets. Et ces derniers ne servent qu’à nourrir, qu’à remplir un individu relativement vide : il essaie de s’investir narcissiquement en s’empiffrant d’objets qu’il veut absolument, mais qu’il n’a jamais appris à désirer, car il ne connaît pas le manque. En effet, on ne lui a imposé de cadre permettant de supporter le manque et de lui donner un sens. Or, le manque, c’est réfléchir, c’est se connaître, c’est reconnaître nos idéaux, notre colonne : mais on a plus le temps ! Donc, tout le monde se la joue fluide, ou liquide : on se fond dans le bazar. Et en prime, on a maintenant la fluidité sexuelle : on peut changer de sexe. Bientôt, on pourra aussi changer d’âge, de couleur,… Comme dans cet excellent film « Clones » avec Bruce Willis. On connaît le fait de changer de métier régulièrement, un phénomène assez surprenant et nouveaux en Europe (plus sédentaire que les Américains qui gardent une mentalité migratoire importante, notamment par la construction de leurs maisons en bois), mais que l’on comprend tout de même car ça fait partie de ce qui change, et que l’on peut choisir de maîtriser. Cependant, il y a des choses face auxquelles on doit faire preuve d’un minimum de modestie : on ne peut pas tout changer… L’orgueil de l’homme n’a plus vraiment d’ambition, il creuse sa propre tombe de Babel.

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