Bénéfice du doute

Subir, jamais. Questionner, toujours.

Du bac à sable au bac philo

Ahh ! le bac ! Une institution à  laquelle j’aurais aimé être soumise, histoire de pouvoir notamment faire de la philosophie un tantinet digne de ce nom. Surtout que les questions de cette année m’inspirent tout particulièrement. La langage n’est-il qu’un outil ? (et en route pour les délires où l’on distingue le moyen du but, où l’on articule le signifiant et le signifié) Le travail permet-il de prendre conscience de soi ? (et c’est parti pour le contexte protestant et le désenchantement du monde).

 

Mais le bac, c’est aussi devoir conclure que certains l’obtiendront, et d’autres pas. Il appelle à distinguer les individus sur des critères de compétence (grossièreté élitiste par excellence… et  c’est d’ailleurs assez cocasse de lire les résultats des politiciens, comme quoi, la vie n’est pas foutue parce qu’on plante son bac) et dénonce de ce fait la reproduction sociale (papa ouvrier, moi aussi…alors que ! on ne peut pas nier que le développement de la classe moyenne s’est faite à la suite de ces pères ouvriers et de ces mères au foyer, qui n’étaient donc pas des abrutis, …de telle sorte que s’il y a eu reproduction, c’est alors la reproduction d’un énorme potentiel jusqu’alors caché). Dès lors, la solution, en ces temps de crise, c’est de dénoncer le coût du bac… on ne frappe plus en dessous de la ceinture de nos jours, on frappe dans les poches. C’est tellement plus simple de dénoncer un aspect sonnant et trébuchant plutôt que de rappeler l’efficacité symbolique (supposée, hélas) de ce rite d’initiation. Car il s’agit avant tout de cela, selon moi, à savoir d’un rite de passage de l’adolescence à l’âge adulte (cela n’empêche pas d’être adulte si vous le ratez, j’entends bien, mais le rite a le mérite de distinguer les temps de la vie ainsi que les obligations relatives aux différents rôles chronologiquement organisés).

 

Aussi, il y a ces tentatives désespérées de faire croire aux jeunes qu’ils sont compétentes ou sur-compétents en augmentant leurs notes… ainsi on leur fera mieux miroiter l’idée que dans la vie d’adulte, ils auront également droit à ce genre de petits privilèges. Principe de plaisir, toujours ; principe de réalité, quo vadis ? Si on attend de ces jeunes qu’ils aillent à l’université, ou dans le monde du travail (on l’espère), on ne peut quand même pas les caresser dans le sens du poil jusqu’à leurs 18ans, parce qu’alors, la claque sera féroce. D’autant plus qu’on parle d’augmenter les résultats en français ! Bon sang ! Ca fait dix-huit années qu’ils pratiquent cette langue et ils ne sont toujours pas foutu d’avoir leur moyenne ! Et ils viendront ensuite pleurer parce que leur lettre de motivation a été mise à la poubelle… Sur ce, je m’en vais fantasmer avec Lamartine.

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/bac-philo-2013-sujets-corriges-eric-deschavanne-760491.html

 

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/des-profs-de-francais-invites-a-surnoter-les-eleves-2194/

Publicités

Navigation dans un article

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :