Bénéfice du doute

Subir, jamais. Questionner, toujours.

La théorie du genre remplace l’empirie…

Après le Mariage pour Tous qui a apporté son lot de confiscation de débats (en traitant tous les opposants d’homophobes… et ce, par des individus qui ont toujours la petite touche moralisante du « il ne faut pas faire d’amalgames »), nous voilà à une éducation tardive des magistrats qui vont devoir apprendre ce qu’est la théorie du genre. Mais quel est le but ??? à part endoctriner une certaine clique… et encore, je ne comprends pas bien le but de cet endoctrinement.

En effet, est-ce que cette théorie du genre va aider en quoi que ce soit les magistrats (et, au sens large, la police) à sévir vis-à-vis des crimes homophobes ? Je ne le pense pas. Or, s’il y a bien une chose dont les homosexuels ont besoin, c’est de se sentir en sécurité lorsqu’ils se promènent en rue. Se marier, ça n’a jamais empêché quelqu’un d’être tabassé, voire même massacré ; par contre, une véritable application des lois, ça peut dissuader certains haineux et donner aux victimes le sentiment que la Justice a un minimum rectifié le tir. Parce que, cette fameuse théorie du genre, je rigolerais bien de la voir paisiblement appliquée aux excités qui pratiquent le viol correctif sur les lesbiennes en Afrique du Sud, hein !

Et bon, cette théorie des genres… mais quelle blague ! quel déni ! Oser croire que l’on choisit d’être un homme ou une femme, comme si on s’auto-engendrait, dans une toute-puissance infantile de l’enfant qui crée ses parents (qui tombe donc douloureusement de son trône quand il comprend que l’amour de ses parents l’a précédé, et qu’il n’en est qu’une conséquence) : quelle post-modernité ! Et puis, les gens n’aiment plus devoir faire des choix qui impliqueraient un deuil… alors qu’être sexué nécessite justement d’accepter le fait qu’on ne sera jamais qu’un homme OU qu’une femme ! Le sexe exige une « coupure » au sens étymologique du terme, coupure que certains ne peuvent pas assumer. Ce phénomène est encore un exemple de crise de l’autorité, car la biologie est une autorité : elle décide de certaines choses pour vous, et c’est à vous de faire avec ces choses… sans essayer de vous inventer un scénario selon lequel ces choses, c’est vous qui en avez décidé. Un peu comme si les personnes noires de peau venaient nous dire qu’elles ont choisi d’être noires : vaste blague. En fait, on pourrait vraiment faire un parallélisme avec les thèses développementales de Piaget qui distingue l’assimilation (où on modifie la perception du monde extérieur pour que ce que l’on perçoit s’accorde à notre réalité interne) et l’accommodation (où on modifie nos schémas internes pour qu’ils correspondent aux exigences du monde extérieur)… avec cette théorie des genres, on est dans l’assimilation, voire même plus loin, car on exige des autres qu’ils pensent de la même manière. Enfin, rappeler la théorie des genres dans un contexte de revendications homosexuelles, c’est confondre le sexe et la sexualité, mais bon !… sans oublier, qu’en bonus, certains viennent nous dire qu’être homosexuel, ce n’est pas un choix (et en soi, franchement, on s’en fout de savoir si l’homo ou l’hétérosexualité est un choix ou pas)… alors donc, on choisit d’être homme ou femme, mais on ne choisit pas d’être homo ou hétéro? Il faudrait savoir.

Cependant, il est clair qu’on peut, d’une certaine manière, décider de faire ce que l’on veut avec sa condition d’homme ou de femme, là n’est pas le problème (quoique ! , car certains hommes n’hésitent plus à se plaindre de ne pas pouvoir être nourrices… mais disons que chaque homme et chaque femme peut décider de l’intensité de l’expression de sa féminité et/ou masculinité). De même que l’on peut tous décider de ce que l’on fera de notre « donné » biologique au sens large (c’est pas parce que la nature m’a fait petit et moche que je dois m’enfermer dans un honteux mutisme, etc…). Aussi, il est certain que la société, la culture influence l’élaboration de notre féminité/masculinité, mais il ne faut pas oublier que cette culture est toujours réceptionnée par une psyché qui s’est construite dans un corps.

Mais décider de ce qu’on va faire de ce qui nous a été donné/imposé, c’est très différent de « croire qu’on a décidé de ce qui, au final, n’est plus imposé, mais choisi »! Or la véritable liberté de l’Homme, c’est celle-là, c’est pouvoir construire sur ce qu’on a pas choisi (car, n’en déplaise aux adeptes de la toute-puissance, l’Homme a à se forger sur l’hétéronomie), c’est pouvoir créer : le sculpteur n’est pas libre parce qu’il choisit l’argile, il est libre parce qu’il a la possibilité de faire différentes choses avec cette matière que son mécène lui a fourni.

http://www.causeur.fr/justice-discriminations-taubira,22812

http://www.rtbf.be/info/regions/detail_pas-facile-d-afficher-son-homosexualite-dans-certains-quartiers-de-bruxelles?id=7871119

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2 réflexions sur “La théorie du genre remplace l’empirie…

  1. Intéressant ; ça fait réfléchir. Mais « empirie » n’existe pas : « empyrée ». Et l’empyrée désigne le tout du perceptible, pas le pragmatique seulement. Il faudrait que vous titriez « La théorie du genre remplace le pragmatisme » ou, à tout casser, « l’empirisme ». Cordialement

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