Bénéfice du doute

Subir, jamais. Questionner, toujours.

Municipales et remaniement : la fin du socialisme ?

Il était assez prévisible que les Municipales soient synonymes d’une claque monstrueuse pour la gauche. Quoique. Cela aurait pu être pire, notamment avec un vote massif pour les partis d’extrême gauche. Et quant aux votes pour le FN, pas de quoi s’exciter, pas de quoi en parler autant que les médias ont pu le faire. Certes, l’extrême droite a progressé, mais quand on sait le nombre de villes qui restent communistes depuis les années’50, les journalistes n’ont cherché qu’à faire mousser une pseudo-angoisse brune auprès de la population.

 

Ceci étant, que faire après cet échec (qu’il s’agisse de vote pro-UMP ou d’abstention) ? Pour les soviétiques, c’est le signe que le gouvernement n’est pas suffisamment allé à gauche (pourtant, on ne peut pas dire qu’il y ait eu un vote soudain pour le front de gauche). Pour la droite, c’est le signe qu’on rejette la gauche, et j’aurais tendance à dire qu’ils n’ont pas tort concernant ceux qui ont voté Hollande pour se débarrasser de Sarkozy (ils méritent bien un con, ceux-là!) et qui rejouent le même acte au niveau local vis-à-vis de Hollande. Mais je crois qu’une logique de balancier, de bipolarité ne suffit pas, bien que le bipartisme y invite. Intrinsèquement, le Français est un râleur professionnel, et le Français contemporain, en prime, change d’avis et d’idéologie dès qu’un petit quelque chose lui déplaît, ce qui m’incite à penser qu’il vote n’importe où, et ce, non pas par bipolarité, mais par pur volonté d’emmerder les politiciens. Et c’est pour cette raison que la politique devient à la fois de plus en plus et de moins en moins complexe : parce que les idées sont évacuées au profit d’un « ce que je veux pour moi, maintenant » et parce que l’on ne va plus se positionner que sur des caprices à court terme. Il ne faut donc pas s’étonner de l’importante abstention… qui est d’autant plus inquiétante qu’elle concerne surtout les jeunes électeurs.

 

Et puis, au niveau des personnages, il y a de quoi s’inquiéter. Hollande vient de remballer Ayrault comme il a remballé Trierweiler. Tout comme il avait déjà choisi Gayet, il avait déjà choisi Valls et disait à Ayrault qu’il allait le rappeler en faisant semblant de rien… heureusement qu’Ayrault a donc bénéficié des fuites orchestrées du côté de Valls, pour qu’il puisse aussi faire fuiter de son côté (je tiens ces infos du débat de ce matin sur Lci). En gros, si Hollande avait pu avoir deux 1er ministres en même temps, comme il a eu deux femmes en même temps, il l’aurait fait : histoire de ne brusquer personne, tout en manquant cruellement de respect et d’empathie.

 

Quant à la politique, on peut voir en Valls un bouclier intéressant pour protéger le président… mais il traîne tout de même de salles casseroles : LMPT, Antifa, Clément vs Estéban, Nantes, Antifas, l’Anna Gate, Dieudonné, etc au cours desquelles il était tout de même légitime de s’interroger sur les suites de la démocratie. Mais ce qu’Hollande semble avoir zappé, c’est que Valls pourrait très franchement lui voler la vedette, tout comme Valls va lui faire perdre les EELV (bon vent à Duflot, soit dit en passant) et la gauche de la gauche. Donc, ce n’est pas une solution si paisible. SAUF si Hollande, mollasson machiavélique, a prévu de griller Valls en 1ere ligne pour qu’il ne puisse pas se présenter aux prochaines présidentielles (surtout qu’il y a fort à parier que les prochaines élections seront à peu près toutes défavorables au gouvernement).

 

Au niveau des commentaire, quand Garrido parle de putsch démocratique à l’idée de l’arrivée de Valls, on voit bien que l’extrême gauche a encore tout compris à la démocratie (et ce sont les mêmes qui vont soutenir les Ukrainiens néo-nazis). Mais quand Mélenchon y voit le plus grand commun diviseur de la gauche, hormis l’absurdité mathématique, je trouve son propos très juste (ce qui m’arrange, ça va diviser les staliniens). Du côté de l’UMP, en effet, un changement de personne ne signifie pas un changement de politique, mais dire cela est tout de même assez creux. Puis, EELV qui ne dit rien si ce n’est des bribes de chantages. Et enfin, le FN n’a pas tort en parlant d’UMPS pour résumer Valls ; mais personnellement, c’est justement cela que j’appréciais chez lui, jusqu’à ce qu’il la joue au petit excité avec la LMPT & Co. En effet, jusqu’alors, j’aimais beaucoup le fond comme la forme de ses propos, tout comme je me méfiais aussi de sa position « cul entre deux chaises », ce qui peut le rendre fragile et donc hypocrite… mais disons qu’il m’apparaissait compétent, intelligent et prometteur.

 

Désormais, je suis un peu plus réservée, je ne sais plus si je dois l’apprécier ou pas. Car, de ce qu’il dit, il est plaisant, mais l’ordre sous Valls m’est apparu particulièrement problématique (ce qui a d’ailleurs aussi fragilisé l’image de la police et la symbolique de l’autorité policière et ce, pas seulement de façon stéréotype dans les banlieues, mais aussi auprès des bourgeois catho). Donc, au final, je suis sceptique, surtout que je l’ai en travers de la gorge quand je pense à quel point on a traité Sarkozy de nazi en raison de sa fermeté (qui n’a jamais dérapé) et à quel point on doit considérer sans méfiance Valls sous prétexte qu’il est socialiste.

 

Enfin, la sociale démocratie (d’ailleurs, on attend toujours le contenu du pacte de responsabilité qui a été lexicalement pondu il y a 3mois) qui caractérise Valls et le nouveau Hollande, c’est peut-être la fin d’un socialisme qui ne comprend pas les besoins économiques et sociétaux d’aujourd’hui, quand bien même ceux-ci peuvent être satisfaits en faisant preuve de solidarité (mais il n’y a pas que les socialistes pures qui peuvent être solidaires!!!). Et j’y vois une intelligente synthèse… tout en étant un peu dubitative : pourquoi se sent-on obligé d’ajouter le mot « démocratie » ? Car souvent, ça sent l’entourloupe (cfr la RDA).

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La théorie du genre à l’école : entre rumeur et idéologie

J’avais déjà écrit trois articles relatifs à cette théorie du genre en octobre 2013 ; consécutivement au questionnaire « Beyond the Box » (ce qui me rappelle que je dois contacter l’université d’Antwerpen pour lui en demander un extrait). Ce test m’avait vraiment bien fait rire, ne serait-ce en raison de ses gros sabots. http://www.beyondthebox.be/websitefr2.htm

Mais avec la théorie du genre à l’école, on quitte les volontés auto-déterminantes des « adultes » (entre guillemets, car leurs revendications sont typiquement celles d’enfants-rois) LGBT selon qui on peut décider d’être un homme ou une femme en prenant de la distance face aux oppressantes représentations hétérosexuelles que la famille inculque par défaut. Désormais, le but est de promouvoir un individualisme forcené dès la maternelle, voire même la crèche, à travers des histoires veillant à angoisser l’enfant et  à bloquer ses processus identificatoires… en effet ! Qu’il est horrible qu’un petit garçon s’identifie à son papa et veule être garagiste ! Quel drame de voir cette petite fille vouloir devenir secrétaire comme sa maman ! Quelle reproduction ! Il faut mettre un terme à ce déterminisme sociologique (après avoir éliminé la biologie, on va tirer à boulets rouges sur les interactions), crier au loup face au collectivisme et le joug que représente la famille hétérosexuelle, et délirer à la suite de l’existentialisme de Sartre (« L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait »).

Et donc, oui je suis inquiète de voir ces livres (quand bien même ceux-ci ne seraient pas à proprement parler utilisés pédagogiquement) :

  • papa porte une robe : idéal pour remettre en question l’autorité symbolique parternelle qui est déjà pour ainsi dire annihilée depuis l’amorçage de 1789. Non pas que porter une robe, telle qu’une femme le ferait, ça ne fait pas sérieux, mais disons que si un homme se prend pour une femme, par définition, il ne fait pas sérieux car il rentre dans la catégorie des « sans phallus » et donc des passifs (c’est pas moi qui le dis, c’est Freud, et il n’a pas tort du tout… et je ne crie d’ailleurs pas au scandale). D’ailleurs, les psychosociologues sont d’accord pour dire que la virilité se construit sur base de procédés de honte où le garçon qui ne se conforme pas à l’idéal masculin subit la honte d’être vu comme une femme (« faut pas pleurer comme une fillette! ») ça veut donc dire qu’un homme qui se prend pour une femme, c’est toujours nettement moins acceptable qu’une femme se prenant pour un homme ; ce qui permet de comprendre pourquoi l’homosexualité masculine a toujours beaucoup + été détestée que l’homosexualité féminine… de sorte que l’on peut dire que, pour un individu masculin, le problème n’est pas qu’une femme se comporte comme un homme, mais bien davantage qu’un homme se comporte comme une femme. Et pour en revenir au papa en question, je me permets d’ajouter que si un père est suffisamment irresponsable que pour confronter son enfant à ses soucis d’identité sexuelle, c’est qu’il est sérieusement atteint.
  • où une petite fille fait des chatouilles à son chat puis à ton petit frère (elle se frotte dessus, en d’autres termes, elle se masturbe sur son frère)… autant, je ne suis pas du genre à nier que les enfants ont une sexualité (au sens de pulsions, de fantasmes, sans que cette sexualité implique pour le moment une maturité psychique nécessaire à l’effectivité de celle-ci, tout comme ils ne sont d’ailleurs pas prêts à envisager la génitalité), mais je ne suis pas non plus de ceux qui favoriseront les incestes et agressions sexuelles. Et c’est là qu’on touche le fond, parce qu’on nous parle souvent de maltraitances infantiles, de viols, et de toutes ces choses qui émeuvent les bien-pensants, mais on encourage les enfants à avoir des gestes qui ne respectent pas l’intimité de l’Autre. Est-ce que l’enfant de 7ans qui touchent les organes génitaux d’un autre enfant de 4ans est un agresseur sexuel ? Non, mais c’est quand même considéré comme un comportement sexuellement problématique qui demandent une intervention psychosociale. Sans oublier que l’autre enfant qui se fait tripoter (quand bien même il a le droit de décider de son euthanasie en Belgique, sic), je ne suis pas certaine qu’il est bien conscient de ce qu’on lui fait subir ; tout comme il faut avoir à l’esprit que beaucoup de personnes ont, lorsqu’elles étaient enfants, subi des comportements sexuellement déplacés d’autres enfants.
  • « Lisa und Jan » se tripotent avec de super images de parties génitales d’enfant à l’appui. De quoi faire plaisir aux pédophiles. Un peu comme ce Theo Sandfort, un chercheur américain lié de près à la revue Paidika (Journal of Paedophilia http://en.boywiki.org/wiki/Paidika:_The_Journal_of_Paedophilia ) qui promeut scientifiquement les relations homme-garçon. Hélas, on le critique sur le plan méthodologique, mais pas sur le plan moral http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2086636… ah mais c’est vrai, la science n’a pas à être morale, sic). Mais heureusement, on a Judith Reisman (bien qu’elle puisse paraître homophobe) qui passe son temps à dénoncer la perversion de Kinsey. Et pour regarder les choses en mode local, il y a la gauche française de mai68 qui voulait de la libération sexuelle aille jusqu’au lit des enfants : http://24heuresactu.com/2013/01/02/quand-libe-le-monde-et-la-goche-morale-defendaient-la-pedophilie/

Enfin, j’aimerais que la droite soit cohérente en la matière. Qu’elle s’allie aux Musulmans pour manifester contre cette théorie du genre, je trouve ça logique si l’on partage les mêmes valeurs de famille. Mais il ne faut pas les instrumentaliser (un peu comme Barjot a fait avec la Manif Pour Tous, et que je n’ai vraiment pas trouvé respectueux). De même, il s’agit de ne pas tomber dans le piège que pourrait nous tendre la gauche (cette gauche qui encense les Musulmans, mais qui ne voit pas leur antisémitisme lié au conflit israélo-palestinien, ni leur homophobie théologiquement argumentée). Ainsi, il faut, pourquoi pas, s’associer avec eux pour dénoncer le gender (qui, quoiqu’en dise NVB est bien présent ; on dit même qu’elle a impliqué les partenaires sociaux dans la chose http://valeursactuelles.com/politique/exclusif.-document-confidentiel-qui-accable-belkacem), mais il ne faut pas prendre le risque de dire (ou d’être associés, par amalgame), comme certains d’entre eux, que les homosexuels sont des pervers ou des grands malades. Cela ne ferait que salir la droite (alors que les Musulmans bénéficieraient d’une oreille sélective gouvernementale soudainement sourde) et ruiner le débat.

Ainsi, globalement, je pense que les trois grands monothéismes devraient ici faire valoir leur conception de la famille et claquer le bec de la Laïcité ambiante qui n’est qu’un artefact, un bricolage, improvisé par ceux qui, ayant tué Dieu, se retrouvent obligés d’inventer un « brol » pour avoir un sens dans le vie… et leur slogan, c’est d’emmerder les croyants, surtout les « cathos facho ».

La quenelle… de la boucherie à la politique

Quelle folie furieuse, cette quenelle ! Elle m’oblige à mettre de côté un article où je souhaitais défendre les mères portant le voile lors de sorties scolaires. Je succombe à l’obligation de la masse : m’interroger sur ce qu’est la quenelle.

On va commencer par ce qu’on voit, puis on analysera. De ce que je peux lire, la quenelle de Dieudonné est à mettre en lien avec une affiche électorale d’une liste se voulant antisioniste. Et de nos jours, le mouvement est repris un peu partout (et souvent devant des bâtiments liés aux cultes juifs ou des lieux de commémoration relatifs à la Shoah) ; mais est justifié comme étant « anti-système ».

Ceci étant dit, on peut commencer à analyser. Le geste initial se veut politique et antisioniste, assurément. Mais connaissant Dieudonné et son humour, on ne peut pas nier trop longtemps qu’il y a une tendance antisémite sous-jacente. Et l’antisémitisme étant interdit, l’humour antisémite aussi, on a fait le tour d’une certaine manière. Mais, et c’est là que ça devient particulièrement intéressant, le geste a par la suite été repris par l’humoriste sous une forme « anti-système » (or, aux yeux des antisionistes, qui ont une vision un peu complotiste et holistique du système, être « anti-système », c’est être anti-sionisme). Donc, ce n’est pas l’antisystème que pourrait dénoncer un type de gauche, de droite, voire même d’extrême gauche ou d’extrême droite, mais un antisystème particulièrement défini comme lié au « monopole des Juifs » (et là, je repondrai que ce n’est pas de la faute des Juifs si, effectivement, ils réussissent mieux que la moyenne. Et ce, parce qu’ils ont une éducation telle qu’ils aboutissent à des postes à responsabilité : si les gens veulent décider, ils ont qu’à étudier pour bien se placer ensuite, plutôt que de crier aux Juifs dominants).

Ensuite, il est important de souligner que beaucoup de clichés circulent, en particulier devant des lieux liés au Judaïsme… Or, si le mouvement était strictement antisystème (version anti-Hollande), alors on aurait des photos devant des institutions politiques, mais ce n’est pas le cas. J’aurais tendance à comprendre que ces clichés sont faits pour faire plaisir à Dieudonné, comme signe « nous aussi, on emmerde les Juifs ». Et à ce niveau-là, c’est plutôt inquiétant qu’un humoriste parviennent à rendre les gens soit aussi cons (au sens où ils suivent un mouvement sans en comprendre la portée), soit aussi méchants (en ne respectant pas les autres), ou les deux au final.

Et, quand bien même la quenelle serait-elle véritablement « antisystème » (version anti-Hollande), le problème est qu’elle est lancée par un individu que l’on sait antisioniste, et dont l’humour tourne autour d’un certain antisémitisme (il est d’ailleurs intéressant de voir à quel point il est soutenu par des Musulmans), de sorte que le geste, par « contagion« , finira par avoir une signification antisioniste et/ou antisémite. Bien entendu, la contagion n’est pas obligatoire (on n’ira jamais dire à un végétarien qu’Hitler l’était aussi, sic).

Mais, pour en revenir à l’humour, à proprement parler, aussi horrible puis-je paraître, j’ai l’impression qu’on devient de fameux coincés du cul. Qui oserait encore dire comme Coluche que « le racisme, c’est comme les Noirs, ça devrait pas exister », ou « ce qui est bizarre avec les homosexuels, c’est qu’ils se reproduisent pas mais sont de plus en plus nombreux » ; ou encore les fameuses « saloooope! » de Guy Bedos… C’est plutôt Timsit (« les mongoliens, c’est comme les crevettes, faut enlever la tête ») qui ne m’avait pas fait rire… à chacun sa corde sensible en la matière.

De même, je suis d’accord avec Dieudonné (http://www.youtube.com/watch?v=USLpqsYfwSY) quand il dit que le crime contre l’humanité n’existe que pour les Juifs. On ne peut pas nier ici qu’il y a une forme de monopole de la souffrance, qui me dérange vraiment (même au sein des Juifs d’ailleurs : les déportés refusent de reconnaître la souffrance des enfants cachés, ou bien chacun fait pour le souvenir de « son » convoi, et les autres, on s’en fout)… mais encore une fois, Dieudonné ne dénonce pas ce monopole pour faire avancer l’Histoire ou la reconnaissance de certains massacres, mais simplement pour rire des Juifs (ce qui, dès lors, n’est pas productif et franchement cruel).

 

L’intégration : entre Homme abstrait et homme hyperconcret

Ayant découvert Twitter, et enfin plus ou moin compris son fonctionnement, j’ai pas mal utilisé cet outil dernièrement pour communiquer très (trop!) brièvement des (semblants de) réflexions/piques sarcastiques, mais aussi pour découvrir d’autres personnes m’invitant à découvrir d’autres sources d’informations… passionnant ! Mais le plus surprenant, dernièrement, fut une lettre de l’UNI m’avertissant de la dimension arabo-orientale de la France. Là, j’avoue, j’ai très sérieusement buggué. UNI que ce blog (http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/02/05/quest-ce-que-luni/) traite d’ailleurs d’association d’extrême-droite. Et j’ai envie de dire : tant pis.

Déjà que Valeurs Actuelles m’a dernièrement appris qu’on n’enseignait plus certaines matières en classe sous peine de tensions inter-communautaires (à lire absolument !!! http://www.valeursactuelles.com/histoire-notre-m%C3%A9moire-massacr%C3%A9e20131204.html), je découvre de nouvelles informations ahurissantes :

  • Réécriture des programmes scolaires (beh oui, faudrait pas que le gamin immigré se sente exclu de l’histoire de France… mais bon, s’il connaissait un tantinet l’Histoire, il saurait qu’il y a eu un truc appelé Carthage ou Avérroès dans sa région, par exemple… mais non, le seul gars qui l’intéresse, c’est celui qui a découpé des Croisés) ; et réattribution rétrospective des places au Panthéon, parce on en a ma claque de ces mâles blancs et hétéro… reste plus que souhaiter à Taubira d’être lesbienne et sa place est réservée (je plaisante à peine)
  • Valorisation de l’arabe à l’école… le problème n’est pas d’apprendre l’arabe, mais bien d’apprendre l’arabe pour les raisons que l’on soupçonne (à savoir parce que les Arabes n’apprennent pas le français, ou le parle mal, et parce que les gouvernements n’ont jamais suffisamment respecté les étrangers que pour leur faire apprendre le français : on préfère les laisser dans leur langue, dans l’isolement, dans le ghetto et puis seulement s’offusquer du constat, quel qu’il soit). D’autant plus que, s’il s’agit vraiment d’apprendre une langue étrangère, apprenons le chinois ou le russe, car économiquement, c’est morne plaine au Moyen-Orient. Ou bien peut-être veut-on faire des Français une élite linguistique pour la libération des otages ? à creuser !
  • Autorisation du voile islamique… là, c’est encore bien la seule chose qui ne m’énerve pas. Le hijab ne m’a jamais posé de problème, et l’idée selon laquelle les femmes portant le voile sont soumises est une idée digne de l’argument selon lequel toutes les prostituées sont abusées sexuellement par leurs clients, à savoir une infantilisation de la femme.

Sachant cela, il y a donc, depuis 1789 environ, le camp de l’Homme abstrait (ab-tractere : tirer de) rejoignant l’Idée platonicienne : un formalisme juridique dont ont accouché des Lumières (toutes allaitées au Droit Romain et à son Pater Familias). Mais depuis toujours, il y a eu l’homme/la femme du concret, « du quotidien dans le quotidien » avec un passé, un présent, une histoire, une éducation, une culture, une langue : non pas un Homme abstrait de quelque chose, mais un homme ancré dans quelque chose. Et nous sommes tiraillés, de façon schizophrénique et totalement incohérente (ce n’est donc pas le tiraillement du névrosé qui se demande s’il peut ou pas transgresser la Loi, c’est au contraire le délire plein tube de celui qui « fera même s’il sait que quand même, et je m’en fous qu’on me prenne en flag ») :

  • à la fois l’Homme abstrait est promu : lisez la Convention Européenne des Droits de l’Homme, considérez le libre échange et la libre circulation où l’Homme n’est qu’un outil interchangeable (d’où toute l’importance que les Hommes soient égaux, et ce, afin de pouvoir les remplacer facilement), rappelez vous du Mariage pour Tous (le droit de l’Homme asbtrait de sa nature biologique liée aux gamètes, son droit d’avoir un enfant, comme il veut, complètement abstrait des limites biologiques), …
  • et à la fois l’Homme hyperconcret : mais qui n’est autorisé que pour l’immigré qui est le seul à qui l’on donne encore le droit d’être ancré dans une réalité affective, religieuse, historique, etc… Il y a là une tolérance au concret vis-à-vis des étrangers qui me fait lourdement penser à une forme de pitié « quand tu seras grand, on t’initiera à l’abstrait », un peu comme l’on fait avec un enfant quand on lui apprend à parler.

Et suivez mon regard… la gauche promeut ces deux aspects en même temps, ce qui la rend complètement délirante (au sens psychologique du terme). Alors que, sans vouloir faire ma modérée, il y a un juste milieu particulièrement intéressant qui mérite d’être encouragé : il s’agirait d’avoir à l’esprit l’Idée, tout en ne niant pas la réalité de l’Histoire concrète. Par exemple, on peut tout à faire faire valoir l’Idée du Citoyen, tout en reconnaissant à celui-ci son inscription dans une tradition culturelle, historique, linguistique etc (quelle qu’elle soit d’ailleurs). Et pour la France, il s’agit de reconnaître au Citoyen français une Histoire française qui n’a pas à être déformée sous prétexte que de nouveaux Citoyens français refusent la concrétude du Français « de souche ». Ainsi, si de nouveaux Citoyens français vivent si mal l’Histoire française, alors ils n’avaient pas à devenir français ; et quand aux Citoyens français « de souche » qui sont d’accord avec ces manipulations, c’est parce qu’il ne souffre pas de l’incohérence psychotique de la gauche, dans la mesure où eux-mêmes ne disposent plus d’une colonne vertébrale permettant un minimum de cohérence… or, étant une bonne névrosée, moi, je refuse ces manipulations !

Pour terminer, il est amusant de voir que la concrétude de la franc-maçonnerie ou de la laïcité, ça, ça ne pose aucun problème… celles-ci se disant au-dessus de la mêlée religieuse (beurk beurk beurk)…. tout en étant, pourtant, aussi dogmatiques, qu’une religion faite d’intolérance… Il suffit d’ailleurs de voir les caricatures de Charlie Hebdo pour voir le degré de politesse de ces excités lorsqu’ils parlent des trois religions monothéistes : franchement honteux ! et d’un niveau « pipi caca » digne d’un enfant de 4ans en plein stade anal.

http://www.uni.asso.fr/spip.php?article10992

La France est-elle raciste ?

Nom d’une pipe ! Hier, je me dis que regarder « Ce soir ou Jamais » en vaut la peine, et j’opte pour le dernière en date relative aux propos insultants dont a été victime Taubira. Alors, je me limiterai à reprendre les propos qui m’ont fait bondir ou interpelée (histoire de me calmer, et de recourir à une sublimation civilisatrice, sic) :

  •  » (…) Le racisme à l’égard des Musulmans (…) «  : Puis-je me permettre de rappeler que les Musulmans n’appartiennent pas à une race, de même concernant les Juifs, les Chrétiens, les Bouddhistes, etc…
  • « Quand on a le sentiment d’être discriminé, c’est qu’il se passe quelque chose (…) les gens ne sont pas paranoïaques » : c’est quand même marrant que lorsqu’il s’agit d’un sentiment d’insécurité, là on est dans l’invention. Et puis, sincèrement, ça commence à me pomper ces positions victimaires de discriminés/persécutés qui s’imaginent que seuls les Noirs et les Arabes sont discriminés : franchement, ils peuvent arrêter de se sentir seuls, moi aussi je suis discriminée quand on voit ma tronche aux entretiens auxquels je vais, simplement parce je n’ai pas la gueule de l’emploi.
  • « pas d’équivalent de macaque (…) c’est quoi l’équivalent pour animaliser les blancs » : Il est vrai que les Blancs ne subissent pas d’insultes animalisées comme les Noirs  peuvent en souffrir sur des bases bio-racialistes issues de certaines théories évolutionnistes de type ethnocentriques. Et personnellement, j’ai déjà été salement insultée (au sens où ce n’était pas une blague parce que « je faisais le singe ») en étant traitée de gorille, et ce, sans même être noire ; et il est vrai que ce n’est pas une insulte agréable à entendre (quand bien même j’adore ces primates devant lesquels je passe des heures lorsque je vais au zoo).
  • « du racisme à la politique migratoire » ou « de la (affaire de la) guenon à Valls » : Confusion totale.
  •  « libération de la parole raciste » : qui est due au point précédent ! à force d’être traités de raciste pour tout et pour rien, les mots perdent de leur sens et de leur poids, tant et si bien que « vu qu’on est déjà traités de racistes parce qu’on veut une immigration mieux régulée, beh voilà,  je suis raciste, donc j’y vais à fond, je sors mes bananes !  » C’est ce qui s’appelle une prophétie auto-réalisatrice en sociologie : à force de traiter les individus de racistes, certains le deviennent, ou à tout le moins, ils se comporteront avec moins de retenue en ce sens. Et de la même façon, dire d’un enfant qu’il est bête et méchant, ou dire qu’un arabe que c’est un voleur, c’est le risque de le stigmatiser et de l’enfermer dans une image qui n’est pas sienne, mais à laquelle il sera tenté de s’identifier : l’Homme existe par la regard de l’Autre et par ce à quoi l’Autre l’assigne.
  • « colonisation (…) payer l’addition (…) n’ayez pas peur de ce qui va de toute façon arriver (c’est-à-dire, devenir une minorité chez vous) » : Bordel ! Là, Leonara Miano vient de donner 10.000 voies au FN ! Une championne ! De même, lorsqu’elle parle de vengeance. Elle vient de faire passer les immigrés comme des gens qui veulent se venger et détruire notre civilisation judéo-chrétienne, version boomerang colonial. Par de tels propos, elles alimentent des fantasmes à connotations paranoïaques. Selon moi, c’est ce genre de phrase qui est de l’incitation à la haine raciale.
  • « aider l’autre à s’intégrer, c’est du paternalisme » (Bruno Gaccio) : Oui, et donc, on laisse les gens venir sans les aider à comprendre les règles du jeu? j’imagine déjà le bordel, d’autant mieux que c’est un peu le cas ! Et c’est d’ailleurs parce qu’on n’a pas pris le temps, en voulant accueillir tout le monde, qu’on se retrouve avec des personnes immigrées qui sont complètement marginalisées. Si on ne prend pas conscience des difficultés que vivent ces personnes, et si on n’a pas l’empathie suffisante (ou le bon sens) pour se rendre compte que ces personnes viennent de quitter leurs repères et qu’ils en souffrent, et qu’il faut leur expliquer le fonctionnement de notre système, alors on fait peut-être du non-paternalisme, mais on fait surtout de l’abandon.
  • « raciste // débile au sens médical du terme » (Thomas VDB) : la pathologisation de l’ennemi, quelque chose de très productif qui fait avancer le débat et qui ne radicalise pas l’ennemi dans sa position ! ! ! ironie !
  • « contrôle au facies » : il est également temps que les hommes s’insurgent du fait qu’ils sont davantage contrôlés que les femmes.
  • « propos politiques racistes qui ont incité des gens des quartiers Nord de Marseille à incendier un camp de Roms » : dois-je vraiment commenter cela ?!
  • « antimétisme » (Elisabeth Lévy)… réponse de Rokhaya Diallo « vous avez des chiffres? » : beh on a l’affaire Merah, c’est du lourd quand même, non ?! et l’émigration massive des Juifs de France qui partent pour Israël en raison d’agressions qu’ils vivent, c’est une hallu ? http://www.lepoint.fr/societe/hausse-de-l-immigration-juive-de-france-vers-israel-17-07-2013-1705761_23.php

Enfin, deux petites réflexions : la France est-elle raciste ? je ne pense pas qu’elle le soit plus qu’un autre pays en tout cas, surtout qu’on a quand même la chance d’avoir un racisme surtout « verbal » et non pas à la russe qui finit à la morgue. Et quant à parler de racisme, je trouve intéressant de rappeler que le racisme, tel qu’on l’entend, existe depuis les Lumières (Voltaire en primeur) ; mais que d’autres comportements de ce type ont eu lieu bien avant, ce qui fait dire à beaucoup de spécialistes qu’il est anachronique de parler de racisme pour ces temps-là. Chez les Grecs, ceux qui n’étaient pas de la Cité étaient des barbares (et pas question de « nationalisation » ou d’affranchissement de l’esclave : on est un barbare et on le reste) ; chez les Romains, les Noirs avec lesquels on commerçait n’était pas jugé sur leur couleur de peau, tel que le relate certains historiens et philologues, par contre, être un Gaulois était synonyme de non-civilisation. Mais il est clair que, comme tout groupe, toute communauté, il y a « ceux qui en font partie » et les « autres » ; il y a le in-group et le out-group : et les difficiles relations inter-groups. Ce n’est pas du racisme, c’est un repère de survie pour l’accès aux ressources et à la protection : c’est mon groupe qui me nourrit et me protège. Ainsi, je pense profondément que la France, actuellement, se pose davantage des questions culturelles que des questions liées à la race d’appartenance.

L’insulte (« une banane pour la guenon ») avait-elle une véritable intention raciste ? C’est une question que l’on n’ose pas poser, mais qui mérite quelques mots. Bien que le propos soit raciste, il peut également souligner autre chose, à savoir une on-ne-peut-plus-bête défiance vis-à-vis de l’autorité. Plusieurs chercheurs américains ont ainsi noté que beaucoup de propos racistes tenus par des jeunes étaient en fait leur seule façon de se faire remarquer et de faire leur petite rébellion adolescentaire. Cela n’empêche pas que l’insulte soit blessante, mais on ne peut pas mettre de côté la connerie des gens, qui prend souvent le pas sur la méchanceté que l’on voudrait leur attribuer.

Voilà, sur ce… ma tension artérielle a été utilisée de façon constructive, je m’en vais scruter les infos sur lci !

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